Sargent, Sorolla, frères par la lumière
HERVÉ DE SAINT HILAIRE.
Publié le 20 février 2007
Le Figaro
Le peintre américain et l'artiste espagnol au Petit Palais en un éblouissant parcours.
EN GÉNÉRAL cela s'appelle une confrontation ou un parallèle. C'est-à-dire que l'on expose dans un même lieu des oeuvres de deux artistes dont on pense qu'elles ont peut-être des choses à se dire. C'est, pour de savants commissaires, une tentation bien compréhensible quoique périlleuse, guettée par la catastrophe du savoir encombrant de l'érudit ou de l'arbitraire intuitif.
L'exposition « Peintres de la lumière, Sargent et Sorolla » est une réjouissante réussite. Voici donc, invités au Petit Palais, Musée des beaux-arts de la Ville de Paris, pour une grandiose causerie picturale, deux artistes à l'oeuvre magnifique : John Singer Sargent (1856-1925), américain d'origine bourgeoise et bien sûr nourri de culture européenne, et l'Espagnol, fils de misère, Joaquín Sorolla (1863-1923). Soit cent oeuvres soigneusement accrochées dans treize salles du Petit Palais, en un parcours qui a la sagesse de la chronologie et de la thématique. Une exposition doit-elle avoir un but ? Peut-être. En l'occurrence admirer et comparer les toiles, les aquarelles, les dessins de ces deux peintres, exactement contemporains, enfants émancipés de l'impressionnisme, que tout sépare et que tout réunit : l'accessoire (une grande notoriété de leur vivant) et l'essentiel, l'art, le souci et l'amour et la connaissance minutieuse de la lumière.
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